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Archipel Indonésien

Par ecola — Dernière modification 14/03/2014 17:10

Les mers Indonésiennes au centre des préoccupations climatiques et des ressources marines

Avec ces quelques 17 500 îles éparses, l’archipel Indonésien forme un réseau de passages très étroits, de bassins semi fermés, de barrières topographiques gigantesques rendant les échanges interbassins et les processus physiques d’une grande complexité. Un des processus en cours d’examen par les scientifiques est le mélange vertical qui est créée de l’interaction de cette topographie complexe avec des courants de marée très intenses. Ce processus allie des échelles spatiales allant du millimètre à la centaine de kilomètre obligeant une démarche pluridisciplinaire. Il a été suggéré comme pouvant avoir un impact potentiel sur le climat, en réduisant les précipitations locales, et sur la remontée de nutriments en surface. Ce dernier point serait favorable au développement du plancton végétal, premier maillon de la chaine trophique maritime. Mieux comprendre les processus océaniques et leur interaction avec le climat et les ressources halieutiques paraît donc critique pour mieux prévoir le climat, les pluies et améliorer la gestion des ressources marines, tant l’économie Indonésienne en dépend.

 

Acquérir des données in-situ

Le projet INDOMIX propose une approche multidisciplinaire pour mesurer le mélange induit par la marée et son impact sur la biologie et les flux atmosphériques. Cette campagne en mer organisée en 2010 a été menée par des équipes franco-indonésiennes, à bord du Marion-Dufresne avec plus de 30 scientifiques. Ils ont récolté des mesures de courant, de température et de salinité, menées de pair avec des mesures de turbulence et de chimie. Ces différentes disciplines indépendantes permettent toutes d’observer et de quantifier, pour la première fois en Indonésie, un mélange très fort sur toute la colonne d’eau. Des données atmosphériques et biogéochimiques permettront de vérifier et d’évaluer l’impact de ce mélange en surface sur les échanges air-mer et sur les remontées de nutriments. 

Plus d'info sur : http://www.legos.obs-mip.fr/recherches/equipes/ecola/chantiers/chantier-indonesie/indomix-measuring-internal-tides-in-the-indonesian-archipelago

Renforcer le réseau de mouillage

Un mouillage mesurant le courant à travers la mer d’Halmahera a été déposé lors de la campagne INDOMIX 2010 et est resté 2.5 ans en mer. Il permettra de fournir une estimation du transport et de la variabilité des courants sur toute la profondeur. Ce passage était l’un des derniers passages non mesuré par la communauté internationale qui s’efforce depuis plus de 20 ans de caractériser l’ITF (Indonesian ThroughFlow). Il correspond à un transfert de masse, de chaleur et de sel, le seul échange au monde à basse latitude entre deux océans. Il fait partie de la branche chaude de la circulation thermohaline, qui participe à la modulation climatique global. Ce mouillage a été redéployé en 2013, pour permettre une mesure plus longue et l’étude interannuelle de la variabilité de ces courants. 

Formation et transfert de compétences

Lors de la campagne INDOMIX, des étudiants indonésiens et français ont été formés aux techniques d’observation et d’analyse de l’océan. Le projet s’est poursuivi en 2013 par une école d’été d’une durée de 15 jours qui s’est tenue à l’IPB (Bogor).  Animée par  8 enseignants français et 3 indonésiens, regroupant plus de 40 étudiants indonésiens originaires de plus de 15 universités et centres de recherche différents. Elle a été centrée essentiellement sur l’apprentissage des techniques de modélisation océanique et de traitement des données récoltées pendant la campagne en mer. Certains étudiants (au moins 5 pour l’instant) continueront leur formation en France en Master ou Doctorat. Cette école devrait être renouvelée en 2014, à la demande des étudiants et des partenaires indonésiens.

Modéliser pour mieux prévoir

Un effort de modélisation de ces mers si complexes a commencé en 2004, lors d’une thèse, dont les résultats, fournissent pour la première fois une description des masses d’eau en bon accord avec les observations et ont été transférés au centre opérationnel de prévision des océan (Mercato-Océan, CLS), Ces derniers ont récemment  obtenu un contrat de 4 ans, appelé INDESO, qui va permettre une modélisation opérationnelle de la physique à plus haute résolution couplée à la biogéochimie, élément essentiel pour les chaines trophique supérieure. La dynamique des populations de poisson sera elle aussi modélisée. Cet effort va dans le sens d’une volonté de mieux gérer les ressources marines.  

Personnes Impliquées du LEGOS

ECOLA : Ariane Koch-Larrouy (IRD), Florent Lyard (CNRS), Nadia Ayoub (CNRS), Yoga Nugroho (thèse encadrée par A. Koch-Larrouy au LEGOS et Philippe Gaspar à CLS financée par le projet INDESO, BRKP, Indonésie)

GEOMAR : Pieter van Beek (UPS), Marc Souhaut (CNRS), Catherine Jeandel (CNRS), François Lacan (CNRS)

Partenaires Indonésiens

- IPB, Bogor, www.ipb.ac.id/

- BRKP, Jakarta, www.kkp.go.id/

- P3GL, MGI, www.mgi.esdm.go.id/

- ITB, Bandung, www.itb.ac.id/

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