Journal
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| Jeudi 2 août | |
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On a quitté Lae mardi matin. On n'en a vu que le port, qui ressemble à tous les ports, rien de bien photogénique. Mais lorsqu'on regarde de l'autre coté du bateau, le delta de la rivière Markham, et les montagnes des Highlands de Papouasie nous rappellent bien où on est.
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Depuis, route vers Nouméa, avec juste 2 stations en mer de Corail. C'est face aux alizés et à la houle, mais on finira bien par arriver à Nouméa, mardi prochain tôt. Ensuite il faudra décharger le;bateau et chacun repartira chez soi avec la moisson de données communes, du travail pour un certain temps! Voilà, je vais arrêter ici ce journal épisodique, je remercie ceux qui ont contribué par leur photos, ils se reconnaitront, et à bientôt à tous, pour Pandora 2 ! |
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| Dimanche 29 juillet | |
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La semaine a passé vite, avec des sections du Nord au Sud puis du Sud au Nord dans la Mer des Salomon, avec des prélèvements profonds, jusqu'à 5600m de fond. Il y a même une fosse à 8000m, mais la résistance à la pression de nos instruments a des limites, ainsi que la longueur de câble disponible de toutes façons. |
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On a passé le weekend dans le détroit de Vitiaz, pour la grosse opération finale de la campagne, avec déploiements de 3 mouillages courantométriques; rien de bien exceptionnel à première vue, mais ce détroit est remarquable, avec des montagnes atteignant presque 3000m sur sa rive sud,un vent toujours fort (30-35 noeuds constamment pendant les 2 jours) et des courants de l'ordre de 3 noeuds de la surface jusqu'à environ 500m de profondeur; sans compter que c'est une des principales voies de passage entre Asie et Australie, donc un fort trafic. On appelle ça un environnement dynamique. |
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Demain 30 juillet, escale à Lae, capitale de la province de Morobe en Papouasie Nouvelle Guinée, mais on n'en verra que le port (en fait on y est déjà à l'heure où j'écris...). |
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| Samedi 21 juillet | |
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Cette dernière semaine a été variée, alternant stations hydrologiques, géochimiques et mouillages. On est maintenant au cœur de la problématique de Pandora, l’estimation des flux à travers les détroits au Nord de la mer des Salomon, ici le Canal St George et le détroit des Salomon. |
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Le Canal St George sépare la Nouvelle Irlande de la Nouvelle Bretagne, deux grandes îles de la Papouasie Nouvelle Guinée. Il a été baptisé ainsi par Philip Carteret, navigateur anglais du XVIIIème siècle ; on se rappellera qu’il existe un autre Canal St George, entre... l’Irlande et la Grande Bretagne, ça ne doit pas être une coincidence. |
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Déployer des mouillages au pied des pics majestueux écharpés de nuages de la Nouvelle Irlande a un charme certain ; même sous la pluie qui va avec. |
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| Dimanche 15 juillet | |
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Amis lecteurs, vous n’avez pas eu beaucoup de nouvelles ces derniers jours, car nous avons commencé les déploiements de mouillages, qui occupent pas mal de notre temps. |
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Un mouillage, c’est une ligne instrumentée de divers capteurs (température, salinité, courants), avec d’un coté un lest posé sur le fond, et à l’autre extrémité une bouée qui maintient la ligne verticale.
Dans notre cas les bouées restent en sub-surface (entre 80 et 400m) et les mouillages sont déployés sur des fonds variant de 500m à 2700m ; ils y resteront pendant 18 mois, et seront récupérés lors d’une campagne sur un navire Américain, notre projet étant une collaboration internationale, comme expliqué en introduction. |
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Deux déploiements ont été faits très près des côtes, par exemple celles de l’île de Misima (PNG), sur les photos jointes.
Ce qui permet de travailler en profitant du paysage, et même éventuellement de recevoir la visite de Papous en pirogue ; ceux ci ont ramé courageusement, mais contre vent et courant ils n’ont finalement pas pu rejoindre l’Atalante. |
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| Mardi 10 juillet | |
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Depuis notre entrée dans la Mer des Salomon, on subit une houle assez forte de Sud-Ouest, qui provient de dépressions hivernales du grand sud. D’où quelques difficultés à mettre les instruments a l’eau, beaucoup de roulis pendant les stations. Mais l’Atalante tient bien la mer ; je m’aperçois que je ne vous ai pas donné beaucoup de détails sur notre fier vaisseau, vous en trouverez ici. Et même le détail de notre route. Depuis hier, station de 30 heures à l’extrême pointe Sud-Est de la Papouasie Nouvelle-Guinée, devant l’île de Rossel. C’est une étape importante de la campagne, car c’est précisément là que passe le « courant de bord ouest » (appelé ici le New-Guinea Coastal Undercurrent), qui transporte une grande partie des eaux qui remontent du Pacifique Sud vers la zone équatoriale, avec les éventuelles signatures d’anomalies climatiques que l’on recherche. |
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A l’extrémité de l’extrémité (au bout Est du récif de Rossel) se trouve l’île Adèle, nommée par Dumont D’Urville en 1828 ; il fut le célèbre découvreur en 1840 de la Terre Adélie, baptisée ainsi en l’honneur de sa femme. Néanmoins, le nom qu’il donna à notre île n’a pas la même origine, mais provient de celui du brick L’Adèle, commandé par Louis Ruault-Coutance, qui était déjà passé par là vers 1804. |
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| Vendredi 6 juillet | |
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Le temps passe vite en mer... ces derniers jours ont permis de terminer la section le long de 163°E (carte), avec des mesures en stations tous les degrés de latitude. Non, pas encore de résultats fracassants à vous montrer, le travail en mer consiste surtout à récolter des données, à vérifier leur qualité, l'interprétation va demander plus de temps. Depuis ce matin, cap au Sud-Ouest, et nous entrons dans la Mer des Salomon, par le détroit de l'Indispensable, qui forme une sorte de Y inversé entre 3 des Iles Salomon |
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| Mardi 3 juillet | |
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Après quelques jours de mer on se rend compte de la multiplicité des activités à bord durant la campagne. Pour certaines, on n’en soupçonnait même pas l’existence. Quelques exemples ci-dessous. |
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La Flotte Océanographique Française manque cruellement de moyens. Pour y remédier, une solution est d'embarquer des touristes fortunés amateurs d'émotions fortes. On les voit ici, bardés d'appareils photo dernier cri, qui observent le travail des scientifiques, avec des mimiques mi-amusées, mi-anxieuses... |
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Une des principales activités des scientifiques consiste à faire passer le plus rapidement possible des centaines de litres d'eau d'un type de récipient dans un autre. On en a ici une illustration, proche du record, où 260 litres sont transférés en 22'15" de bouteilles grises vers des containers transparents. Dans quel but ? Suivez ce journal, vous le saurez peut être un jour... |
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Enfin, à la lune gibbeuse, lorsque le soir tombe, dans un des points les plus reculés du pont, les membres de la Confrérie des Adorateurs des Métaux se réunissent, revêtus de leur tenue cérémonielle. Là, à force d'incantations et de manipulations ils extraient les métaux dissous dans l'eau ! Que cherchent t-ils? de l'or, de l'argent, la fortune ? Non, ces scientifiques sont intègres, le fer, le zinc, l'aluminium font leur bonheur... |
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| Dimanche 1er juillet | |
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Le dimanche sur les bateaux, c'est le jour des friandises... Sur un navire océanographique, et particulièrement pour le type de mission en cours, on travaille 24h/24, 7 jours /7. C'est la position des stations où on veut faire des mesures qui l'impose. Donc pour se rappeler qu'on est dimanche, il est de tradition d'améliorer un peu le menu pour marquer le coup: croissants au petit déjeuner, "repas amélioré" à midi (c'est déjà pas mal les autres jours!), accompagné de "vins fins". A noter que depuis le début 2012, dans le cadre de la lutte contre les addictions, la consommation d'alcool à bord est sévèrement contrôlée: rien d'autorisé de plus fort que bière ou vin, et encore en quantités limitées. La campagne a maintenant pris son rythme de croisière (désolé...), et les stations se succèdent le long du méridien 163E (voir carte). La mer est belle, les températures de l'air et de la surface de la mer augmentent (respectivement 26 et 27° pour le moment), puisqu'on vogue vers le Nord... |
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| Samedi 30 juin | |
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Gros problèmes techniques aujourd'hui, avec le câble de la CTD/Rosette. C'est résolu, mais ça a pris environ 8 heures pour réparer. Retard qu'il faudra rattraper d'une manière ou d'une autre dans les prochains jours. |
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| Vendredi 29 juin | |
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Le navire fait route vers le Nord-Ouest, en longeant la cote Est de la Nouvelles Calédonie ; le temps est calme, mer belle, avec une petite brise de Nord-Est. la présence d’une petite dépression dans notre Nord a affaibli les alizés. |
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Arrivée a 16h locale à la « station d’essai », vers 20°S-165°E. Il s’agit de mettre à l’eau les 2 sondes CTD et leur « Rosette ». Les capteurs CTD enregistrent pression, température, salinité, oxygène dissous depuis la surface jusqu'à une profondeur donnée. Les « Rosettes » sont constituées de 12 à 24 bouteilles de prélèvement de 12L, destinées à ramener des échantillons d’eau pour analyse. Il y en a 2 à bord, une classique, et une dite propre pour analyse des métaux dissous : les concentrations naturelles étant très faibles, cette Rosette, ses bouteilles et son câble présentent le moins possible de surface métallique au contact avec l’eau ; on en reparlera. |
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Toute campagne océanographique comporte un exercice d’abandon du navire : au signal, tous les embarquants doivent rejoindre le canot de sauvetage qui leur est attribué, en emmenant leur combinaison de survie. L’essayage de ces combinaisons est un grand exercice d’humilité, dont on se sort plus où moins dignement... |
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| Jeudi 28 juin | |
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Fin de chargement du matériel, installation des différentes manips (sur lesquelles nous reviendrons plus tard). Appareillage a 19h locale, à la nuit tombée, donc pas de photo spectaculaire des splendides rivages sud-calédoniens que nous longerons pendant 4-5 heures ! |
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| Mercredi 27 juin | |
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Les choses sérieuses commencent. Il faut dans la journée charger à bord le conteneur « chimie propre », les 8 conteneurs de matériels divers ainsi que quelques dizaines de colis arrivés par avion, de France et des Etats-Unis. Toutes les formalités d’importation, et l’organisation du chargement ont été réglées par les personnels administratifs du Centre IRD de Nouméa, du beau travail ; merci aussi aux collègues qui ont prêté main forte pour le chargement. Sur le quai, une partie du matériel à embarquer. |
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| Prologue | |
| Dimanche 24 juin | |
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Les participants de Pandora commencent à arriver à Nouméa. Depuis la métropole, Brest, Grenoble, Toulouse, et les Etats-Unis (San Diego). Après un long voyage (27-30h) cette journée sera consacrée au repos et à récupérer du décalage horaire. Lundi les choses sérieuses commenceront, avec l’organisation du chargement du navire, qui est arrivé au port de Nouméa jeudi dernier. Vue de l'Anse Vata, Nouméa; le Centre IRD se trouve juste après le carrefour, à droite. |
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, Malaita, Makira et Guadalcanal. On a longé cette dernière une bonne partie de l'après midi, et bien sur, pris quelques photos. Quoi, des nuages, de la brume, pas de lagon turquoise ni de sable blanc ? Le Pacifique tropical est plus varié qu'on le croit généralement...








